Ernest Guérin, la réussite de l’imagerie bretonne.

ernest guérin sardiniers

Ernest GUERIN (Rennes 1887 – 1952)
Les sardiniers bretons,
Aquarelle, signée et titrée en bas et à droite, 27 x35cm

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Ernest Guérin fut élève de Lafont et Ronsin aux Beaux-Arts de Rennes. Il exposa à Paris au Salon des Artistes Français, dont il devint sociétaire et fut membre de la South Wales Society ; il fut également exposant de la Royal Cambrian Academy. Il obtint à l’École des Beaux-Arts en 1905 une médaille de vermeil, en 1906 le prix du Ministre, et en 1907 la médaille d’excellence.

Peintre et enlumineur, interprète des Bretons, de la mer, du Pays et de ses légendes. Anatole Le Braz voyait en lui l’interprète de la Bretagne pénétrée par la poésie de « l’autrefois ».

Artiste original, il pratique avec le même bonheur la gouache, l’aquarelle, l’enluminure et participe à de nombreux Salons. Très vite sa réputation grandit, par le caractère de son œuvre qui peint la rudesse de la vie, les coutumes des paysans bretons, les traditionnelles fêtes religieuses, et le caractère sauvage de la Bretagne au travers de ses paysages, son climat et ses atmosphères. Au côté de Mathurin Méheut, il témoigne des traditions de la vie villageoise, et de l’emprise des croyances religieuses sur le quotidien.
La peinture d’Ernest Guérin est marquée par une influence tardive du mouvement préraphaëlite. Ayant étudié les techniques de l’enluminure médiévale, il s’en est également inspiré dans son œuvre. À la fin de sa vie, son esthétisme se tourne vers une vision plus « taoïste » de l’univers pictural. Les paysages d’Ernest Guérin reflètent un art inspiré des œuvres japonaises et chinoises, mêlant petits personnages et horizons oppressants qui occupent la totalité de la composition.

Bibliographie :

  • Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, 1999, Tome VI, p.536
  • La route des peintres en Cornouaille, 1850-1950, Groupement Touristique de Cornouaille, 1997
  • Ernest Guérin, Imagier Breton, musée des Beaux-Arts de Rennes, Ed du Carabe, 2001
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André Even, le peintre natif de Pont-Aven.

André Even
André Even, paysage vallonné,
huile sur toile, signée en bas et à gauche, 27x41cm

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André Even (1918-1997) passe sa jeunesse à Pont-Aven où il côtoie les différents peintres qui viennent chercher l’inspiration dans cette petite bourgade de caractère du Sud-Finistère.

Après sa scolarité, à 16 ans il s’engage dans la Marine à Lorient et il suit des études de mécanicien à l’école aéronavale de Rochefort-en-Terre. Mobilisé, André Even est basé à Cherbourg. A cette époque, sa foi religieuse se renforce, et après sa démobilisation, il passe du temps comme missionnaire et rejoint Monseigneur Lefèbvre.

En 1942, André Even part à Paris où il fait ses études dans l’atelier Souverbie, à l’Ecole Nationale des Beaux-Arts, puis entre dans l’atelier de Maurice Denis. Il trouve un travail au Ministère des Bâtiments et Monuments Historiques, engagé sur de nombreux chantiers de restauration après la guerre. Il se forme aux techniques de peintures anciennes et de fresques. Il revient en Bretagne au début des années 1950 où il va exécuter des peintures murales, notamment dans les églises de Névez (1950), Concarneau (1951), de Lorient (église Jeanne d’Arc), Rocleng-sur-Geer près de Liège (1955).

Revenant à Paris en 1955, il décide de se consacrer à une peinture que lui nomme « civile » autour de thèmes paysagers (paysage urbain de Paris ou champêtre de Pont-Aven).

Les sujets répétitifs d’André Even sont déclinés avec des dominantes colorées telles que le vert, le jaune et le rouge. Il a toujours accordé une importance à la fabrication de sa peinture à la manière d’un artisan et même mis au point une technique unique, une matière à base de cire vierge et de pigments colorés qui constitue aujourd’hui une des grandes originalités de son œuvre.

Marqué par l’Ecole de Pont-Aven, il simplifie les plans colorés, donnant un art tantôt pseudo-naïf, tantôt décoratif, qui se réalise notamment dans ses tapisseries.

Ses oeuvres sont présentes dans les musées: Brest, Pont-Aven, Tourcoing, Marseille, Vatican.

Bibliographie:

-Dictionnaire des Peintres, Bénézit, Ed Gründ, 1999

-Christian Dautel, André Even : Un peintre né à Pont-Aven, Bulletin Municipal du 3e trimestre, 1996

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Charles Cottet, la nature sauvage du pays Bigouden.

Charles Cottet
Charles Cottet, Notre-Dame de la Joie par temps gris,
huile sur panneau, signée en bas et à droite,

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Charles Cottet (1863 – 1925) reçut des conseils de Puvis de Chavannes et de Roll; il prit part aux expositions impressionnistes que Le Barc de Bouteville organisait dans sa boutique de la rue Le Peletier. Il exposa pour la première fois au Salon en 1889. Il était déjà établit en Bretagne depuis quelque temps et y avait trouvé la forme picturale qui devait établir sa réputation. Médaille d’or en 1900 à l’Exposition Universelle. Il participa à la fondation de la Société Nationale des Beaux-Arts, puis en 1900 à la Société Nouvelle.

Charles Cottet possède une technique très savante et ses qualités de coloriste en font un peintre de tout premier ordre. Son goût pour les tons plombés et les harmonies sombres le fit considérer comme le chef de file du groupe de ceux que l’on nommait “la bande noire” avec Xavier Prinet et André Dauchez. En réaction contre l’impressionnisme, ils se référaient volontiers à Courbet et prônaient une peinture à contenu moral. Il a laissé surtout des paysages de Bretagne, d’un sentiment dramatique et peints dans une pâte épaisse.

Ses oeuvres sont présentes dans les musées: Alger – Anvers – Barcelone – Bordeaux – Bruxelles – Bucarest – Cincinnati – Dublin – Düsseldorf – Gand – Helsinki – Karlsruhe – Lille – Munich – Padoue – Paris (Musée d’Art Moderne , Petit Palais) – Philadelphie – Rome – Venise – Vienne…

Bibliographie:

Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, Tome III, p.953

La route des peintres en Cornouaille, 1850-1950, Quimper, 1999

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Jules Chadel, la tradition orientale du dessin monochrome.

Jules Chadel
Jules Chadel (dessin) et Germaine de Coster (gravure), Douarnenez,
gravure sur bois imprimée en camaïeu, pour l’Imagier de la Société de la gravure sur bois originale, signée au crayon, portant les deux monogrammes des artistes,
justificatif de tirage, 22.2×15.2cm

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Jules Louis Chadel (Clermont-Ferrand 1870 – Paris 1940) est le fils d’un ébéniste originaire d’Allanche, dans le Cantal, Jean-Pierre Chadel, et de Légère Hautier, d’une famille de La Tour-d’Auvergne. Il naît au 44 de la rue Fontgiève, qui était alors un quartier d’artisans. Il étudie la sculpture à l’École des beaux-arts de Clermont-Ferrand. Il s’installe à Paris en 1893. Il s’inscrit à l’École des arts décoratifs. Pour subvenir à ses besoins, il travaille comme sculpteur sur pierre sur des chantiers.

Il entre dans l’atelier du joaillier Georges Le Turq, où il dessine des bijoux. Il est embauché en 1904 par le joaillier Henri Vever. C’est chez lui qu’il découvre l’art japonais, qui va le marquer profondément. Il va « réapprendre » à dessiner auprès de Prosper-Alphonse Isaac et surtout Yoshijiro Urushibara. Une étroite collaboration lie les trois artistes, qui reproduisirent la répartition du travail, traditionnelle dans la pratique japonaise, entre dessinateur, graveur et imprimeur. Le japonisme de Jules Chadel, différent de celui d’Henri Rivière, prend sa source dans la tradition orientale du dessin monochrome. L’artiste s’attache à rendre l’attitude d’un personnage, la perspective et l’atmosphère d’un site par de délicats traits noirs posés au pinceau, réhaussés de lavis et de couleurs légères. De nombreux lavis sont exécutés ainsi au début des années 1920 dans le sud Finistère – Concarneau, Douarnenez, Pont-Croix, le Faouët – lavis qui seront transposer dans le bois.

En 1924, Jules Chadel livre pour l’Imagier de la Société de la gravure sur bois originale (SGBO), un aspect du port de Douarnenez, montrant des chaloupes sardinières accostées à la cale ronde. Semblable à un lavis, ce camaïeu de brun fut gravé par Germaine de Coster d’après un dessin de Chadel. Aussi présente-il les monogrammes à l’encre rouge des deux artistes.

Bibliographie:

Dictionnaires des Peintres, Bénézit, Ed Gründ, 1999

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Henri Maurice Cahours,peintre de la mer en Bretagne.

Henri Maurice Cahours
Henri Maurice Cahours, marine,
huile sur toile, signée en bas et à droite, 54x65cm

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Henri Maurice Cahours a exposé au Salon des Artistes Français depuis 1920, obtenant une deuxième médaille en 1937, puis au Salon des Artistes Indépendants de 1922 à 1942, et à celui de la Société Nationale des Beaux-Arts depuis 1939.
Arrivé sur la Butte Montmartre en 1911, Henri Maurice Cahours a habité la Maison de Mimi Pinson et se consacra à la peinture. En 1916, Henri Maurice Cahours se maria, par procuration, avec Hélène, fille du sculpteur Frédéric Debon.
Après la guerre, le couple s’installa rue Berthe, dans le studio de Pissarro, et fit alors connaissance avec tous les peintres de la Butte ; c’était aussi l’année du début de ses séjours à Douarnenez.

La galerie Terrisse lui organisa une exposition en 1923, ainsi que la galerie Georges Petit, dirigée par André Schoeller, en 1930 et 1931. Henri Maurice Cahours exposa dans de nombreuses villes de province jusqu’en 1942, année du décès de sa femme, il cessa alors de montrer ses oeuvres pendant plusieurs années.
Il était cependant présent à l’exposition itinérante « Montmartre en Algerie », en 1948, organisée par Madeleine Horst, avec les peintres, anciens et récents, de la Butte, qui se renouvela en 1951, sous le titre « Montmartre de jadis à aujourd’hui ». Dans les années 20, Henri Maurice Cahours fut nommé directeur des Beaux-Arts de la Commune Libre du Vieux-Montmartre. A ce titre, il a été associé à la création de la cité dite « Montmartre aux Artistes », au 189 de la rue Ordener. Le succès venu, il s’installa dans la maison-atelier du 2bis, rue Cortot ; cette adresse figure dans le catalogue du Salon des Indépendants, où il exposa, en 1928, deux oeuvres « les Brûleurs de goémon (Notre-Dame de la Joie) », et « Bénédiction de la mer à Douarnenez », ainsi que dans celui du Salon des Artistes Français en 1930, où il présenta deux vues de Pouldavid. Peintre dans la lignée de Marquet, il s’était consacré aux marines bretonnes ; il a peint aussi les vieilles rues de Montmartre. Henri Maurice Cahours fut nommé peintre officiel de la Marine le 7 mars 1942.
Le 13 décembre 1965, il s’était remarié avec Albertine Perrier (née le 4 avril 1926, décédée le 10 juin 1994), qu’il avait connu au « Grenier », chez Fred Bretonnière ; elle se faisait appeler Catherine ; celle-ci afin de préserver une santé mise à mal dans les caboulots de la Butte, le poussa à se retirer dans le Midi. Il transforma l’ancienne prison de l’Evèché de Vence, construite au XVe siècle, en atelier, où il continua à peindre, dans la même tonalité, des marines de Bretagne.

Bibliographie:

Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, 1999, Tome III, p.101

-Angelo Mistrangelo: Henri Maurice Cahours

–  La Route des peintres en Cornouaille, 1998, Quimper

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