Odetta, les belles années Art déco à Quimper!

1922 marque le début d’une nouvelle production artistique à la manufacture HB de Quimper, l’une des plus riches de son histoire!

Rare vase évasé à motif de broderies stylisées, h.23cm, marqué sous la base « HB Quimper Odetta »

L’originalité de la production Odetta réside dans la technique de décoration employée et dans le renouvellement des formes. Pour la décoration des pièces en grès Odetta, il s’agit d’un procédé de cloisonné. « Le contour de la pièce est tracé au manganèse. Les réserves ainsi tracées, au pinceau à main levée ou selon le pointillé laissé par le poncif, sont remplies par des émaux posés à la goutte, avec un pinceau en poils d’oreille de boeuf. C’est grâce à l’emploi d’émaux, en substitution aux couleurs, que la palette chromatique des pièces Odetta trouve toute sa puissance. »

La marque Odetta est apposée sur l’ensemble des pièces en grès, à l’exception des statuettes, où elle est remplacée par le nom de l’artiste. « Certaines formes des grès Odetta sont semblables à celles utilisées par nombre de céramistes de l’époque Art déco, voire par les dinandiers. Deux sources d’inspiration prévalent. La première est d’essence exotique: les poteries africaines et océaniennes servent de modèles, d’où ces formes puissantes, pansues, avec des cols étroits, ou évasés. La seconde source est celle d’artistes influencés par le cubisme ou par les théories avant-gardistes du Bauhaus, ils dessinent des formes géométriques d’une surprenante modernité. »

« Il n’y a pas d’unicité d’inspiration dans le décor des grès Odetta; cela reflète parfaitement l’esprit Art déco, puisant son inspiration à plusieurs sources, mais toujours à la recherche de la rigueur. A côté de figures géométriques, le décor est parfois thèmatique. Il peut évoquer la Bretagne, sa faune, sa flore et ses hommes, mais sans s’enfermer dans le régionalisme. »

Quelques artistes ayant produit des modèles en grès Odetta: Aplhonse Chanteau, Paul Fouillen, Georges Brisson, Louis Garin, René Beauclair, Georges Renaud, René Olichon (dit Rol).

 

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Félix Desruelles chez Henriot à Quimper, « la Tréogoroise ».

C’est dans les années 1920 que le sculpteur Félix Desruelles propose sa « Tréogoroise » à la faïncerie Henriot à Quimper. Elle sera éditée en grès, à tirage limité. Elle représente une femme du Trégor assise sur un prie-Dieu égrenant son chapelet. Cette statue sera reprise en bronze par le fondeur Barbedienne.

Félix Desruelles, « Tréogoroise », terre cuite, h.34cm, L.21,5cm, l.15cm

Né à Valenciennes, Félix-Alexandre Desruelles (1865-1943), expose des bustes et des figures au Salon à partir de 1883. Il est Second Prix de Rome en 1891 et obtient en 1897 le Prix national des Salons.

Médaille d’or de l’Exposition universelle en 1900 pour « Job », statue en plâtre, Félix Desruelles devient membre de l’Institut et de l’Académie des Beaux-Arts. Il est principalement connu dans le Nord de la France pour ses Monuments aux Morts réalisés dans les années 1920.

Quelques unes des œuvres de Félix Desruelles se trouvent dans divers musées du Nord de la France, dont celui de Valenciennes. Un square porte son nom dans le 6ème arrondissement de Paris, près de l’Eglise Saint-Germain, et abrite une de ses oeuvres, la « Fontaine pastorale ».

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Roger Capron, « l’existentialisse » de Vallauris

Roger Capron (1922-2006), vase balustre, 1958, faience stannifère, émail polychrome, h.22cm

 

Roger Capron (1922-2006) suit l’enseignement de l’école des Arts Appliqués de Paris, avec Robert Picault et Jean Derval, deux autres grands noms de la céramique française des années 1950.

En 1946, Roger Capron crée l’atelier Callis à Vallauris en partenariat avec Robert Picault, et ce jusqu’en 1952, où Capron fonde sa propre entreprise. Il s’oriente alors vers une production de série, voulant conserver la qualité de l’artisanat. Il réalise des pièces de forme, coupes, vases, bouteilles…présentant deux collections par an au Salon des métiers d’art à Paris. Ces collections sont constituées de modèles de base dont il modifie les décors.

En 1957, l’atelier de Roger Capron comprend jusqu’à 40 personnes et les commandes affluent du monde entier. Pour faire face, il passe des pièces tournées à des pièces coulées, lui permettant de mieux maitriser la régularité de la production, et il va éditer de vrais catalogues au graphisme plus que soigné.

Roger Capron a montré un intérêt profond pour les arts primitifs et pour la Grâce archaïque, considérant que « la poterie y est une des formes majeures d’expression ». Il empruntera formes et décors à ce patrimoine, notamment pour son fameux vase à oreilles où il se souvient des vases grecs aussi bien que des urnes funéraires étrusques (vase cratère en cloche).

Nous sommes à la recherche permanente, afin de compléter notre collection, de petits modèles de vase à oreille, hauteur entre 15 et 17cm.

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Roger Capron, vases à oreilles, petits modèles

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Bachelet, céramiste breton!

Emile-Just Bachelet, suivant les conseils de son ami Mathurin Méheut, rentre en contact avec la faïencerie Henriot à Quimper dès 1924, avec laquelle il va collaborer jusqu’au début des années 1930.

Il nous présente ici, Jeune breton (ou gars de Quimper), de 1925,

en faïence blanche où le rose de la terre de l’Odet transparaît sur chaque arrête vive du personnage.

La sculpture est signée sur la base des initiales « EJB », Henriot Quimper, h.36cm

Le sculpteur Emile-Just Bachelet (Nancy 1892 – Aix-en-Provence 1981) envoie un premier plâtre à la faïencerie Henriot. Nous sommes en 1924, il s’agit de la Piéta. La même année, il propose aussi une Bigoudène portant un enfant, puis un Marin et une Bigoudène au porc. Les modèles, initialement réalisés en blanc, sont progressivement coloriés sur les conseils de Méheut. Il va réaliser d’autres modéles pour Henriot dès 1925, et au total ce seront 12 faïences éditées par Henriot et qui seront exposées du 9 au 20 décembre 1925, à la galerie Mosser de Nancy. Bachelet va collaborer également aux faïenceries de Lunéville, celle de Mougin à Nancy, celle de Saint-Clément, mais aussi à la Manufacture de Sèvres entre 1931 et 1936.

Il exposera régulièrement des sculptures au Salon d’Automne et à la Société Nationale des Beaux-Arts.

Bibliographie:
Dictionnaire des Peintres, Bénézit, Ed Gründ, 1999, Tome I, p.604-605
Mes plus beaux Quimper, catalogue de l’exposition de 1999, musée de la faïence de Quimper
Encyclopédie des Céramiques de Quimper, Ed. de la Reinette, Verlingue-Théallet

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Maryvonne Méheut, un autre regard sur la céramique.

Très beau plat de la fille de Mathurin Méheut, Maryvonne Méheut, réalisé en 1932.

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