Elodie La Villette, attachée à Quiberon.

Élodie La Villette (Strasbourg 1842 – Portivy 1917) passe son enfance et son adolescence à Lorient et y suit les cours d’Ernest Corroller, puis part pour Arras dans l’atelier de Dubois et y rencontre Camille Corot qui lui prodigue ses conseils.

Elle a son port d’attache dans le Morbihan, à Saint-Pierre de Quiberon (Portivy très exactement), où sa famille s’est installée au milieu des années 1880. Dans sa maison, et son atelier, les visiteurs à la belle saison défilent. Des écrivains, des musiciens et des peintres, en particulier Alcide Le Beau, cousin d’Elodie, Léon Bellemont qui fera son portrait en 1913, Maxime Maufra qui fera celui de son mari, et surtout Henry Moret qui a travaillé lui aussi chez Ernest Corroller.

 

Elle figura au Salon des Artistes Français dès 1870 avec des paysages Lorientais, où elle obtint une médaille de troisième classe en 1875 et dont elle devint sociétaire en 1902. Médaille de bronze à l’Exposition Universelle de 1889. Elle fut également médaillée à Sydney et Melbourne, car elle a beaucoup exposé à l’étranger, à Londres, à Barcelone, Munich, Copenhague, en Hollande et en Belgique.

Elle peint des paysages, notamment de la région de Quiberon, et des marines d’une réelle force d’évocation. Elodie La Villette privilégie dans ses sujets, les panoramas où la mer prend toute son importance. Elle fait figurer sur ses oeuvres un ou plusieurs personnages, promeneurs contemplatifs ou gens de la côte affairés; discrets, ils donnent cependant l’échelle du sujet et occupent le premier plan de la toile. Puis la mer prédomine, avec des ciels tourmentés ou pleins de douceur estivale. De grands navires occupent la ligne d’horizon, tandis que les bateaux de pêcheurs ne sont jamais loin de la côte. Rares sont les paysages côtiers où l’on ne voit pas au moins un canot ou une chaloupe de pêche.

Peindre la mer dans tous ses états, voilà bien la volonté d’Elodie La Villette qui n’hésite pas à dresser son chevalet au bord de la côte: l’océan en hiver, gris vert, les embruns, les goélands, les modestes chaloupes malmenées par une mer agitée, que d’occasions pour l’artiste de satisfaire sa curiosité et son talent.

Vers la fin de sa vie, Elodie La Villette laisse dans son atelier des oeuvres ébauchées ou signées d’où émane une impression de calme et de sérénité: plages blondes, criques ensoleillées, dunes rosies par l’armerium, grandes marées lumineuses, clairs de lune irisés… Sa peinture tend ainsi vers le modernisme, avec une démarche volontairement minimaliste, proche parfois de l’abstrait. Elle privilégie toujours les couleurs de la nature, mais restreint sa palette et utilise à l’occasion le couteau. Elodie La Villette satisfait sa passion et ses idées; elle peint pour elle-même, consciente d’être à la fin de sa carrière…Et de sa vie!

Ses œuvres sont présentes dans les musées: Dunkerque, Lorient, Morlaix, Paris (Louvre), Périgueux, Laval, Lille, Quimper, Chicago.

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Elodie La Villette, paysage de Quiberon, huile sur panneau, 18,5cm x 24cm

Bibliographie:

  • Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, 1999, Tome VIII, p.355
  • Dictionnaire des Petits Maîtres de la Peinture, Schurr, Ed Amateur, 1996
  • Dictionnaire des Peintres Français de la mer et de la Marine, JN Marchand, 1997
  • Elodie La Villette, Caroline Espinet, deux soeurs peintres, Mme Martinie, Hengoun Editions, 2008

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Henri Delavallée, précurseur à Pont-Aven.

Henri Delavallée (Reims 1862 – Pont-Aven 1943) est un des premiers peintres à s’installer à Pont-Aven dès 1881. Il s’inscrit à l’Ecole Nationale des Beaux-Arts et fut l’élève des plus célèbres peintres de l’époque : Carolus Durand, Henri Lehmann, Luc-Olivier Merson, Hébert.

Henri Delavallée était un ami de Georges Seurat, duquel il apprit les techniques du pointillisme. Il fréquentait Camille Pissarro. Paul Cézanne admirait ses peintures et ses paysages  » mangés de soleil « .
Il travaille en compagnie de Paul Signac. De rares oeuvres des années 1887-1891 témoignent de sa parfaite maîtrise. II fréquente aussi à cette époque Emile Jourdan et Armand Seguin. Henri Delavallée rencontre ainsi Paul Gauguin lors du premier passage de ce dernier à Pont Aven en 1886.
Il excelle dans la peinture à l’huile, mais reste un des meilleurs pastellistes du groupe. Il traite ce dernier médium comme la peinture à l’huile, utilisant des contrastes colorés et la touche pointilliste qui le caractérise pour composer ses paysages de Pont Aven.

Henri Delavallée, hameau près de Pont-Aven,  pastel sur papier,

signé et daté 1891, 52cm x 66cm

Cette oeuvre est à rapprocher de celle conservée au Museum of Art d’Indianapolis, « Le chemin au soleil ».

Bibliographie:
-Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ
-L’impressionnisme dans l’école de Pont-Aven, Le Paul, Ed Bibliothèque des Arts

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Georges Rasetti et la leçon de Pont-Aven.

Georges Rasetti (1851 – 1931) commence par être un peintre de genre et de paysages. Il expose dès 1877 au Salon.

Arrivé assez tôt en Bretagne, cet artiste fait partie du groupe nommé plus tard l’Ecole de Pont Aven. Il côtoya et travailla avec tous les grands acteurs de ce mouvement, en particulier avec Maurice Denis. Avec ce dernier, ils travaillèrent à l’élaboration de projets de peintures et notamment de céramiques.

Il fut très proche, avec le peintre Armand Seguin, de Paul Sérusier qui le visita régulièrement.
La peinture de Georges Rasetti s’inscrit pleinement dans le courant pictural de Pont-Aven. D’une part, par son sujet (les bretonnes souvent représentées assises ou debout, les scènes pastorales sous les arbres, les maisons), mais d’autre part il se situe aussi dans la lignée de Paul Gauguin par son écriture picturale utilisant les tons sourds et éteints, le cerne bleu-violet des motifs, le rouge-orange pour les troncs des arbres, l’harmonie des lignes et le sens synthétique de ses compositions.

En 1891, il séjourne à Huelgoat en compagnie de ses amis Paul Sérusier, Verkade et Ballin. Il initie les Nabis aux techniques de la céramique dans son atelier de Bois-Colombes tout en pratiquant la peinture au cours de ses fréquents séjours en Bretagne.

Bibliographie:

Les peintres de Pont-Aven,  Cariou, Ed. Ouest France
Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, Tome XI, p.446
Dictionnaire des Petits Maitres, G.Schurr, Ed Amateur

 Georges RASETTI Bretonnes sous les arbres

Georges Rasetti, huile sur carton marouflé, 27cm x 21cm 

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Gabriel Zendel, artiste post-cubiste!

Gabriel Zendel (Paris 1906 – 1980) fut un peintre de figures, de paysages urbains, graveur, céramiste, illustrateur.

Il fut élève de Paul Bornet, qui enseignait, en son Institut d’Esthétique Contemporaine, les techniques de la peinture et de la gravure sur cuivre et sur bois.

Gabriel Zendel fut sociétaire des Salons Indépendants et d’Automne, il figura aussi au Salon des Peintres Témoins de leur Temps en 1950 et au Salon des Tuileries. Il a participé à de nombreuses expositions collectives en France et à l’étranger. Il a montré à partir de 1931, sa première exposition personnelle à la galerie Zak à Paris, puis: 1934, 1947, 1950, 1952 et 1953 à Paris; 1942 à Cannes; 1949 à New York; 1980, galerie d’Art de la place Beauvau, Paris.

A partir de 1950, son art se situa résolument dans la ligne post-cubiste. Gabriel Zendel campe fortement les quelques formes, personnages, souvent des clowns, ou paysages familiers qui lui sont chers, de Paris, de Bourgogne, de Honfleur. A son style graphique si particulier, robuste et comme paysan, s’allie curieusement une palette haute de couleur, dans les jaunes citron et les rouges groseille, et presque tendre.

Il a réalisé les décors pour une pièce de théâtre Un jeune homme qui ne compte pas montée par la Compagnie Marcel Lupovici. Il a également illustré de vingt-cinq dessins en 1947, Le cirque de Léon Paul Fargue, de lithographies originales Les célibataires de Montherlant, Nuit de Prince de Kessel.

Ses oeuvres sont présentes dans les musées: Libourne – Nevers – Paris (Musée d’Art Moderne) – Rennes.

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Baroukh Ezekiel, abstraction d’après-guerre.

Ezekiel Baroukh (1909-1984) est un peintre d’origine égyptienne.

C’est en 1909, à l’académie des Beaux-Arts de Rome qu’il obtiendra ses diplômes, section peinture.

En 1934, de retour à Alexandrie en qualité de peintre professionnel, il crée un cours de dessin, exécute de nombreux portraits, paysages, natures mortes. Dès 1935, une exposition au Cercle Italien d’Alexandrie doublée d’une autre au Salon du Caire signale à l’attention la clarté d’exécution, atmosphère souvent étrange et le foisonnement de couleurs de ce jeune peintre à la recherche de l’expression de la vie sous toutes ses formes.

Poussé par l’évolution de sa propre peinture et le besoin de la confronter aux grands courants picturaux de l’après-guerre, Baroukh quitte Alexandrie pour Paris en 1946. Il s’engage dans la voie de l’Abstraction, fréquente les milieux artistiques de Paris. Il participe au Salon de Mai 1952 notamment avec André Lhote .

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En 1954, c’est la période du Cubisme à la Géométrie Molle. Sa peinture évolue vers le Graphisme. La période Gestuelle Lyrique ou Abstraction lyrique qui va suivre comprend de très nombreuses gouaches, Baroukh est à ce moment-là en exclusivité Galerie St Germain. L’évolution se poursuit vers la Gestuelle Maîtrisée où le peintre n’utilisera que le noir et blanc pendant deux années.

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Puis le besoin de la couleur se fait sentir à nouveau. Progressivement, Baroukh va se servir de plus en plus de couleurs fortes et de beaucoup de grands formats qui aboutiront à l’exposition en 1967 à la Galerie 9, rue des Beaux Arts. A partir de cette date commence une longue période troublée, témoignage de l’avance introspective de l’artiste qui rompt avec l’abstrait.

L’humain sera présent définitivement et l’un des principaux soucis du peintre sera d’intégrer dans ses tableaux les déformations issues de ces croquis.

Bibliographie:
Dictionnaire des Peintres, Bénézit, Ed Gründ,

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